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Le low-cost restitue du Pouvoir d’achat pour permettre du « Vouloir d’achat »

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Le low-cost restitue du Pouvoir d’achat pour permettre du « Vouloir d’achat » !

Pouvoir d'achat et Vouloir d'achat

L’émergence du « Conso-arbitre ».

193 par mois, oui, vous avez bien lu, 193 €… Mais quel est ce chiffre, vous demandez-vous ? Tout simplement, celui des dépenses moyennes 2009 d’un ménage français, consacrées aux technologies de l’information et de la communication, soit un total annuel de 2324 € par foyer en moyenne, en hausse de 4,3 % par rapport à la même période en 2008 (source Médiamétrie). En clair, la somme consacrée par chaque famille française aux abonnements Internet, câble ou satellite pour la TV, abonnements et consommation des différents téléphones portables de la famille et divers achats de DVD, jeux vidéo, mp3 et autres écrans de télévision plats.

Crise ou pas, nos concitoyens se « ruent » sur ce type de dépenses : qu’on en juge. Selon L’Insee : « Depuis 1960, les dépenses en produits des technologies de l’information et de la communication ont progressé de 11,6% en volume par an. Au cours de la dernière décennie, elles expliquent plus de 30% de l’augmentation de la dépense des ménages ».  (source : étude de l’Omsyc : « Les pratiques de consommation des foyers en technologie de l’information et de la communication) Formidable « booster » pour la consommation, donc ? Oui, si on a la chance d’être fabricant de produits ou vendeur de services dans ces secteurs, sinon, il n’y a pas de mystère, il se pourrait que ce soit une très mauvaise nouvelle ! Car, sauf erreur de notre part, nous n’avons pas entendu parler d’une augmentation systématique du salaire mensuel des français de 193€ en 2009, pour leur permettre de satisfaire l’appétit « communicant » de leurs familles ? Alors, comment ont bien pu faire tous ces ménages pour absorber cette somme rondelette ?

Ils ont « Ar Bi Tré », arbitré, quoi ! Et oui, il va falloir se faire à ce mot, qui risque bien de devenir de plus en plus courant dans la bouche des responsables marketing. Comme il n’y a pas vraiment de miracle du côté des salaires depuis pas mal d’années, c’est en opérant des choix que le consommateur peut s’adapter à ses besoins, ses envies et celles de sa « petite famille » et Dieu sait que les jeunes enfants et adolescents ont des envies de ce côté là !

Le « témoin » le plus palpable de cet esprit d’arbitrage nous est apporté par la part de marché significative des magasins de hard-discount. Si la mère de famille plébiscite le hard discount, ce n’est pas parce que, soudain, elle est tombée amoureuse du dépouillement très « Pays de l’Est » des surfaces de vente de LIDL et autres ALDI et qu’elle ne supporte plus les « temples de l’abondance » que sont les Auchan et autres Carrefour.

C’est, soit parce qu’elle n’ « a pas le choix » du fait des ressources limitées de son ménage.

Soit, elle « a le choix » et alors, c’est une décision volontaire de sa part d’économiser sur ses courses quotidiennes pour pouvoir financer d’autres types d’achat qu’elle « valorise » plus. Rappelons que le taux de pénétration des magasins de hard discount ne cesse de progresser dans notre pays : il atteint à présent 78%, soit 21% d’augmentation, entre 2002 (57%) et 2009, (pourcentage de Français qui fréquentent le hard-discount). Cela signifie, concrètement que 4 familles françaises sur 5 (!!!), ont pris l’habitude d’aller faire régulièrement leurs courses, ou une partie de leurs courses, dans ce circuit de distribution. A titre de comparaison, rappelons que ce taux est de…95% en Allemagne, pays d’origine des enseignes phares. La France s’en rapproche inexorablement, année après année.

Un dossier du magazine L’Express a été consacré à ce que le magazine considère comme une tendance émergente de la Société française :    « LES NOUVEAUX RADINS ». Dans cet article, Olivier Geradon de Vera (vice-président Iri Secodip) brillant analyste des comportements consommateurs depuis des décennies, nous livre sa réflexion.
« Etre malin en achetant radin, c’est montrer qu’on existe. C’est un remède à l’angoisse qui saisit le consommateur en panne de repères dans un monde globalisé. »
C’est ce qui explique le succès des magasins de hard discount, car le consommateur, selon notre expert, y gagne sur trois tableaux : les prix, le temps (ce sont des magasins de proximité) et l’absence de « tentations ». Et de poursuivre : « Ici, on se protège de soi-même tout en achetant des produits de fond de placard (sucre, farine, sel, pâtes…) pour lesquels l’exigence de qualité est moindre. »

Olivier Géradon de Vera a une très belle expression qui résume parfaitement l’apport du Low-Cost et du hard discount aux consommateurs :

« Le low-cost restitue du pouvoir d’achat pour permettre du VOULOIR D’ACHAT »

C’est clair, désormais, l’implication psychologique des consommateurs va plus facilement s’orienter vers un iphone 3GS, un séjour de thalasso, une semaine en club avec les enfants, un nouvel ordinateur portable ultra-léger …que sur de nombreuses catégories de produits qui « ne font plus rêver » !

Notre « Conso-arbitre » va, en permanence, adopter un comportement d’achat différencié. Pour nombre de produits de consommation courante, de services simples, pour se rendre d’un point à un autre, pour communiquer au moindre coût et plus globalement pour tous les produits et services dans lequel son investissement psychologique personnel sera rassuré par le lowcosteur, il s’orientera vers ce type de fournisseurs qui lui permettront de faire des économies substantielles.

On a vu que cette tendance va même concerner l’automobile, objet pourtant historiquement lourdement chargé d’affectif ! Renault s’est en bonne partie sauvé grâce à l’envolée des modèles Logan et Sandero de sa filiale low-cost Dacia.
C’est que le « statut » de l’automobile au sein de nos économies riches a profondément évolué en quelques années : à fin 2009, la voiture n’ était considérée comme un « plaisir » que par 38% des français, alors que cinq ans auparavant, c’était 67% !

Bien sûr, il reste de la place pour des produits à fort investissement psychologique. Dans ce cas, le choix du « Conso-arbitre » s’orientera plus volontiers vers une grande marque, une « référence » dont il acceptera de payer le prix plus élevé. Mais il faudra que cette marque soit capable de lui procurer le degré de satisfaction qu’elle vend si « cher », au risque d’un violent retour de boomerang si ce n’est pas le cas !

Written by JEAN-PAUL TREGUER

mai 30, 2010 à 7:38

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